• lundi, 20 novembre 2017
Bolivia 1.0

Bolivia 1.0

Dans le dernier épisode, on s’était quitté quelque part entre la frontière Péruvienne et Bolivienne, plus précisément à Copacabana. Cette toute petite ville à ne pas confondre avec la célèbre plage de Rio de Janeiro, se situe au bord du Lac Titicaca à une altitude de 3800m. Un lac à 3800m d’altitude? Ben oui, bienvenu au lac (navigable) le plus élevé au monde! La moitié se situe au Pérou et l’autre en Bolivie. Concernant le meilleur endroit pour le visiter, les avis sont très partagés mais semblerait-il que la Bolivie l’emporterait, d’où mon arrêt de ce coté là.

Isla del Sol

Le bateau est d’une lenteur que je qualifierais de bolivienne…

Copacabana n’est autre que le point de départ des différentes excursions à faire sur le lac. Comme bon nombre de voyageurs, je me suis rendu sur l’île du soleil ou en espagnol : l’Isla del Sol. A 8h30 un matin j’embarque sur un petit bateau avec quelques autres personnes. A cette heure-là et à cette altitude-là, même au soleil, ça caille! Le bateau est d’une lenteur que je qualifierais de bolivienne et ce qui pourrait être parcouru en 30min, nous prend 2h… Au moins ça permet de bien s’imprégner du paysage!

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L’Isla del Sol est très petite et le tour peut aisément être fait en une journée. Elle fait en effet 9,6km de long sur 4,6km de large et on trouve des sentiers pour s’y promener. Le bateau me dépose au nord de l’île et sur des conseils reçus, je la parcoure le long de la côte.

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C’est un paysage superbe avec une petite brise qui souffle… le top pour cette petite balade de 3h! Après avoir également traversé quelques petits villages et visité une ou deux ruines, j’arrive sur la partie sud où je mange sur une terrasse avec vue imprenable sur le lac et ensuite je cherche où passer la nuit parmi la dizaine d’hébergements à disposition.

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J’en choisi un qui possède des chambre avec également une belle vue sur le lac. Y’a pas 36 milles choses à faire ici alors c’est repos! Le soir je me rends dans une petite cabane perchée sur la colline dans la forêt où on peut manger. C’est également une adresse qui m’a été recommandé, tout d’abord pour contempler un coucher de soleil magnifique, puis pour déguster une pizza végétarienne organique faite maison!

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C’est très rustique, pas d’électricité, souper à la chandelle et un p’tit couple de personnes âgées très sympathiques! Je suis seul à ma table (également dans la pièce), avec ma bougie… Soudain arrive une nana qui se pose à une autre table. Gentleman que je suis, je l’invite à se joindre à ma table afin de compléter ce souper aux chandelles. 😉

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Comme c’est artisanal, la patronne nous fait bien comprendre qu’il ne faut pas être pressé…! Pas grave on a le temps. Afin de patienter, je demande à boire une spécialité au patron et quelques instants après, il se ramène avec un Glühwein trop bon! Droit ce qu’il fallait par ce froid! Je passe une nuit très fraîche et le lendemain, après le p’tit déj, je repars marcher en direction du nord avec Anna, la fille d’hier soir.

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On emprunte le chemin qui parcoure l’île au centre. Un seul reproche quant à cette petite marche sympa, le fait de devoir payer trois fois une taxe de passage… Chaque communauté, (au sud, au centre et au nord) nous fait en effet payer une somme, certes dérisoire (sud : 5 BOB, centre : 10 BOB, nord 15 BOB ; 1 BOB = 14 cts), mais bon c’est quand même un peu de l’abus de devoir payer pour se promener.

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13h30, je remonte sur le speedboat pour retourner à Copacabana où je m’occuperai jusqu’au lendemain. De là, j’ai pris un bus pour rejoindre la capitale bolivienne : La Paz. Le trajet dure environ 5h, une partie le long du lac, une partie sur l’eau (on met le bus sur une barque… standard!),

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 et la dernière partie au milieu de nulle part mais avec une superbe vue sur les Andes boliviennes. A La Paz je rejoins Jonas pour continuer un bout de mon voyage avec lui.

La Paz

La capitale bolivienne culmine à 3700m et est de ce fait la plus haute capitale au monde! Certains diront : jolie ville, d’autres diront le contraire. Moi j’en dit que c’est une ville polluée où chaque mètre carré de terrain est constructible.

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Niveau histoire, pas grand chose à avoir avec Quito en Equateur où le quartier historique était très joli. Ici il y a certes quelques beaux bâtiments mais dans l’ensemble pas de quoi s’extasier!

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Niveau pollution, c’est pas ces énormes Dodge qui vont la diminuer! Mais je les adore quand même! 😀

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Tout comme à Medellin en Colombie, on peut grimper dans des télécabines qui nous emmènent dans les hauteurs de la ville. En tout, il y a 3 lignes différentes. Nous on monte dans la jaune pour nous rendre à El Alto, une ville sur les hauteurs de La Paz afin d’avoir une vue d’ensemble. Bon certes avec la pluie, les nuages et le froid, la vue n’était pas vraiment celle que j’attendais mais comme d’hab, tant que c’est différent de chez moi, j’admire et j’aime!

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Si on m’avait demandé la définition du bonheur, j’aurais parlé de cet instant précis, sans aucun doute!

Jonas m’avait parlé d’un super restaurant Suisse tenu par un Fribourgeois où il faisait des raclettes de malades! Alors, le soir de mon arrivée, afin de déguster la raclette la plus haute du monde, on s’y rend avec un appétit de loup! Et franchement?? Rien à envier à nos raclettes en Suisse! Elle était juste excellente, et le tout arrosé d’un p’tit rosé bolivien… Si on m’avait demandé la définition du bonheur, j’aurais parlé de cet instant précis, sans aucun doute! Y’en faut peu pour rendre un voyageur heureux!!

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Bon il y a une chose qu’on a pas testé, on sait même pas à quoi ça sert mais je pense que c’est pas grave en fin de compte… Cette chose c’est les bébés alpagas séchés… Voyez plutôt ici-dessous!

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Deathroad

Pour être heureux, j’ai également besoin d’autre chose… de l’action, du sport, sortir de l’ordinaire quoi! Alors je sais pas si vous vous souvenez, c’était déjà il y a presque un an (outch) mais j’avais emprunté le sentier, soit disant le plus dangereux du monde sur le Mont Hua Shan en Chine, dans la région de Xi’An. He bien comme j’en étais revenu vivant, j’avais envie de faire cette fois, la route réputée comme étant la plus dangereuse du monde! He ben ça tombait bien elle se trouvait justement à l’extérieur de La Paz! 

Jonas qui était à La Paz et aux alentours me conseille une agence, je m’y rends et book une sortie pour le lendemain. Ce que j’adore par dessus tout, c’est qu’il a fait beau durant les deux semaines avant mon arrivée mais le matin quand je pars, pour moi, on me commande la pluie et le froid! Bah ouais standard quoi! Un minibus vient donc me chercher le matin et je fais la route avec 3 Allemands. On grimpe sous la neige jusqu’à une altitude de 4700m, point de départ de la descente en vélo (oui il y a que de la descente!). On descend du bus, on s’équipe (équipement complet, genouillères, coudières, casque et un vélo tout suspendu en état bolivien).

Après déjà 3 mètres de descente sur une route goudronnée on est carrément trempé et congelé! Bon ça c’est la partie de mise en train, pour les gens qu’on jamais fait de vélo. Après commence la vrai route de la mort! Et heureusement la pluie laisse place à un temps sec et qui commence à se dégager. Après les quelques instructions nécessaires afin de pas finir dans le ravin comme cette nana il y a quelques semaines auparavant, on commence de descendre sur un chemin blanc à flanc de falaise! Ici une règle essentielle : tu roules à gauche! La seule et unique place en Bolivie ou on roule de l’autre coté! La raison? Comme le conducteur est à gauche, que la route est faite pour ne pas pouvoir croiser, que le ravin est très, très profond, ben le chauffeur peut faire en sorte de pas mettre une ou deux de ses roues dans le vide en se penchant à travers sa fenêtre! Et attention c’est pas des twingos qui empruntent cette route, nan nan c’est des camions et c’est limite suicidaire des fois! Mais bon, si j’écris aujourd’hui c’est que j’ai survécu. 🙂 Les paysages étaient cool, mais les vélos… catastrophe! Sur mon premier, des dents étaient cassées sur le pédalier du dérailleur, sur le deuxième la chaîne a cassée, puis c’est sur un autre que la chaîne a également rompue, puis c’est un pneu qui a crevé… hum pas de la Deutsche Qualität tout ça!

Parque Sajama

Après la Paz on décide de se rendre dans le Parc de Sajama, à la frontière bolivio-chilienne. Nevado Sajama est le nom d’un volcan qui est également le point le plus haut de Bolivie culminant à 6542m. Il est possible d’en faire l’ascension mais je crois ne plus avoir l’envie de passer des heures à grimper une montagne dans le froid..!

Dans un monde de bisounours, il suffit de prendre un bus de La Paz jusqu’à Patacamaya puis de là un minibus jusqu’à Sajama.

Pour arriver jusqu’au village principal, Sajama, ça peut devenir un sacré parcours du combattant. Dans un monde de bisounours, il suffit de prendre un bus de La Paz jusqu’à Patacamaya puis de là un minibus jusqu’à Sajama. Mais comme on vit plus dans un monde de powerangers, ben ça s’est pas vraiment passé comme ça pour nous… 

On monte tout d’abord dans un bus pour Patacamaya à 11h au terminal de La Paz. On s’arrête ensuite tout le long de la route pour embarquer des passagers, ce qui nous fait perdre 1h… Ensuite, arrivés à Patacamaya à 13h30, on descend du bus, on demande où se trouve le minibus qui va à Sajama.

– Là-bas!

On va là-bas, on nous dit que le bus est parti. Puis un autre nous dit :

– Non c’est le bleu là!

Et non le bleu n’y va pas. On demande le prix à un taxi, ok non merci trop cher (y’a quand même environ 2h de route)… Bon beeen… et là un taxi s’arrête et nous dit :

– Nan mais faut pas prendre un taxi c’est trop cher! Allez au coin de la route et faites du pouce.

Soit! 15min plus tard, nous voilà embarqués dans un semi-remorque en direction de Sajama 🙂 Comme le camion va au Chili, et que de la route principale il faut emprunter une piste pour rejoindre Sajama, le camion nous laisse au croisement et là, à peine 5min plus tard c’est un Chilien qui nous embarque dans sa voiture. 

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Le bled de Sajama c’est : 150 personnes réparties dans quelques petites cabanes en briques (j’appellerai ça comme ça), une église (forcément),

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quelques petits hébergements (très très basiques),

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des minis restos (ou quelque chose qui y ressemblent), du froid (glacial la nuit) et du sable (beaucoup). Ci-dessous, notre hôtel.

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Mais le Parc de Sajama c’est surtout trois magnifique volcans : le Nevado Sajama (6542m), le Parinacota (6348m) et le Pomerape (6282m), des lagunes, des sources thermales, des geysers et… Des milliers de lamas!

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Niveau nourriture dans le village, on s’attendait à du basique mais de là à (excusez du terme) bouffer du riz dégueulasse, des patates et une sorte de salade russe pas bonne pendant 5 jours… merci!! Autant dire qu’avec les heures qu’on a marché, j’me suis pas beaucoup engraissé! 

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Donc le parc Sajama, oui, mais on laisse tout confort loin tout là-bas! Par contre niveau calme, après la folle fête de la vierge durant les 4 premiers jours, c’était olympien! 

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Sucre

Après ces quelques jours au milieu de rien, on reprend 1, non 2, non 3, non 4, non 5 bus! pour rejoindre la ville de Sucre, la deuxième capitale de la Bolivie où on arrive dans la soirée et en plein carnaval! J’aimerais vous raconter plein de choses sur la ville, mais en fait, on ne l’aura visité qu’une journée! On a entendu des personnes nous dire : – Ouais vous verrez on peut facilement y passer 1 semaine! Hum oui je veux bien mais… tu fais quoi? C’est pas New York non plus! Alors comme Jonas et moi sommes de grands écrivains, on passera pas mal de temps à écrire nos articles et également faire des vidéos. On dira que c’était en quelques sortes un petit stop avant d’entamer un gros morceau! Une nouvelle voyageuse nous rejoint également à Sucre. En effet, une collègue de Jonas, Anne-Catherine, vient se joindre à nous pour deux semaines de voyage. 

Voilà pour cette première partie de la Bolivie. Je savais que ce pays était un des plus pauvres de l’Amérique du Sud et ça se confirme. Après avoir parcouru l’Equateur, la Colombie et le Pérou, on voit une certaine différence! Mais la richesse ou la pauvreté d’un pays n’en fait pas sa beauté. Bien que les infrastructures soient un peu moins développées qu’ailleurs, on s’en met plein la vue en regardant tout autour de nous! Et le voyage c’est ça, être dépaysé et ne pas retrouver tout le confort qu’on a à la maison!

Fin.

A bientôt dans le plus grand désert de sel du monde!

Yannick

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